Une image ne se « lit » pas exactement comme un texte ; le processus est moins linéaire et plus variable d’un observateur à l’autre. L’image est envisagée globalement puis explorée par des « itinéraires de regard » qui ne sont pas strictement prédéfinis : le regard saute, revient en arrière, s’attarde sur des détails selon l’intérêt, l’émotion, la culture visuelle et le contexte.
La règle des tiers
La règle des tiers consiste diviser l’image en 3 parties égales horizontalement et verticalement, et à disposer préférentiellement les éléments clef à l’intersection de ces lignes.
Le sens de lecture
Les lignes directrices
Les lignes directrices servent à amener l’œil vers l’endroit où se situe le sujet. Elles vont rythmer et dynamiser l’image.
L’orientation
L’orientation horizontale
C’est l’orientation la plus naturelle car elle correspond au champ de vision humain. Elle est à privilégier pour représenter un paysage, une scène large, ou plusieurs personnages. L’image parait stable et équilibrée.
L’orientation verticale
L’orientation verticale ou portrait est moins spontanée. Elle convient tout particulièrement aux sujets verticaux, comme les portraits ou les batiments. Ce cadrage donne une sensation d’action et de proximité.
Le point de vue
La position qu’adopte le photographe vis à vis de son sujet (au même niveau, en surplomb, en-dessous) est porteuse de sens et influe sur notre perception. Il convient de choisir le point de vue qui traduise au mieux les sentiments que le sujet nous inspire ou doit inspirer (intimité, distance…).
La hauteur d’œil
C’est la position standard. Le photographe se situe à la même hauteur que le sujet.
La vue plongée
Les vues en plongée ou contre-plongée exagèrent les perspectives et déforment les éléments, créant parfois un effet comique. Le photographe se situe plus haut que le sujet à photographier, il oriente l’appareil photo vers le bas.
- Une image en plongée offre, donne, propose.
- Ce point de vue est fréquemment utilisée en publicité : on domine ce que l’on possède…
- Il peut aussi transmettre une impression de solitude ou de détresse.
La vue en contre-plongée
C’est l’antithèse de la plongée. Le photographe se posiitonne en-dessous de son sujet.
- Ces images interpellent le récepteur (inquiètent, interrogent, suscitent un engagement…).
- C’est le langage de la menace physique, plus la contre-plongée est accentuée, plus la menace semble grande.
- Mais également de l’idéalisme, de l’utopie jusqu’à l’inaccessible.
La taille des plans
L’échelle des plans désigne l’importance donnée aux personnages, aux objets et aux éléments du décor. La proportion entre sujet et cadre interroge sur le rapport entre le sujet et son décor. Un plan est toujours un choix, une mise en scène porteuse de sens.
Le plan général
C’est un plan d’ouverture : il situe l’action et le contexte. Les personnages peuvent ponctuellement y être intégrés mais ils seront très petits, comme noyés dans leur environnement. C’est le plan idéal pour insister sur l’étendue de l’endroit photographié et sur la forte relation entre le sujet et le lieu où il se trouve.
Le plan d’ensemble
C’est un cadrage plus resserré que le plan général. Le sujet occupe une plus grande partie de l’image et peut désormais être identifié. Le plan d’ensemble insiste sur la relation entre le sujet et son environnement.
Le plan rapproché ou plan américain
Il cadre le sujet à mi-cuisse ou aux genoux. Ce plan est souvent utilisé dans les westerns, d’où son nom de plan américain. Il permet de montrer les armes et les mains des personnages, éléments importants dans ce genre de films. Il est aussi très utilisé pour les portraits de groupe.
Le gros plan
Il cadre une partie importante du sujet pour la mettre en lumière. Le décor est inexistant. C’est le plan de l’analyse psychologique : il donne accès à la vie intérieure d’un personnage, ses émotions.
Le très gros plan
Il montre un seul objet, un détail du visage, par exemple, une texture… pour attirer l’attention sur un élément remarquable. La perception de la réalité à cette échelle est très différente et crée une interrogation, un sentiment d’étrangeté.
L’image est, par nature, fortement polysémique : sa lecture n’est ni linéaire, ni universelle, ni réductible à un simple « Z », mais relève toujours d’une interprétation active, située, portée par chaque spectateur. Même lorsque des codes sont partagés (cadrage, composition, couleur), la perception et le sens attribué à l’image varient d’une personne à l’autre ; travailler la hauteur d’œil, l’orientation ou la taille des plans permet ainsi, sans changer « l’histoire », de transformer en profondeur la manière dont l’image est lue et la charge symbolique qu’on lui prête.
Ressources & références
- Sciences Po : le droit à l'imageArticle
- L'affichiste : receueil et vente d'affichesRessource
- AdsSpot : archive de campagnes publicitaires (payant)Ressource
- AdForum : catalogue de campagnes publicitaires (payant)Ressource
- TheMovie DbRessource
- France TV : toutes les affiches se ressemblent ?...Article
- PixabeyRessource
- PexelsRessource
- UnsplashRessource
- FreepikRessource
- FreeImagesRessource
- FoodiesRessource
- Wikimedia CommonsRessource